LATITUDES STREETS

photographies de Paris, l'univers des rues et de l'architecture où l'on se perd comme dans des boyaux, de l'un à l'autre. Passengers to Flight 000 for... Departure Terminal 2 Gate number...for boarding..last called.

23 février 2008

56 Departures

De_parture

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Zone Utopia, Journal

Du grec : où = non ; Tóπoç = lieu

J’avais enfin trouvé ce pays merveilleux, l’île du dinosaure de notre enfance ? non l’idéal : le non lieu, c’était ici. Plus particulièrement cet endroit de l’aéroport appelé zone d’embarquement. Tout concorde ce fût l’illumination. Seul ici pouvait-on donner sens à ce no man’s land, ni dans mon pays ni dans un autre. Magnifique, enfin libre d’être, sans appartenir à aucune entité, nulle part et partout à la fois : porte de la terre. Atome assez rapide pour se colporter autour de la planète, être un et tout en même temps. Peu d’autres possibilités à ma connaissance, aussi extraordinaire de cet état d’inexistence, en partance pour quelque terra incognita. Invisibilité unique donnée de vivre, d’entre les mondes.
Univers assez inquiétant, froid sans aucun doute, était-ce de situer ici ce fameux ou fumeux état de liberté où les lois sont suffisamment floues pour quelques minutes et nous laisser dans l’attente d’autres choses mais quoi ?
Point névralgique, d’un organisme politique et humain, hyper-sensibilité du corps de l’animal, la fine aiguille de l’acupuncteur y aurait un sens ici ?
Respirer prondément et sentir ce vide parfait du Tao des origines.
A l’idée d’avoir trouvé ce nulle part rassurant, je saisissais maintenant tel le moine à la vue de sa grotte, l’espace qui rejoint tous les espaces à la fois, le tunnel de verre traversant le temps et circulant d’un lieu l’autre, ce qui précède le big bang, matière noire ou bien soleil gigantesque et puissant qui recèle toutes les forces d’avant sa diffusion dans la multitude infinie libérant neutrons, protons. Tous les espoirs ainsi contenus dans l’utopos mère, matrice des individus auraient retrouvé leur cocon véritable, patrie des errants après tant d’années de mensonges. Les philosophes peuvent bien gloser, c’est ici dans ce bloc infâme pour architecte en mal d’imagination, banquettes d’aluminium alignées tristement, que l’homme se ressourcera de toutes les folies violentes des rois et des grands argentiers, propriétaires, tyrans, nuls en tout, engraissés de notre belle sphère collective. Comment est-ce possible que cela ait existé, si simple. Aujourd’hui, chaque centimètre devient la proie de tel ou tel, la pauvre boule bleue en prise à la croche des doigts les plus habiles ?
Formidable question qui m’est offerte, ou l’esprit en quête de vérité rejoint la réalité.
Pauvre chiot encore tiède de sa naissance blottit dans ce recoin de l’humanité pourra y rester quelques instants avant de reprendre ses forces, réfléchir à son devenir pour être de nouveau prisonnier des turbulences de ceci ou cela, caprice de l’un ou de l’autre, tribut à payer à tel ou tel. Justification à rendre en bonne et due forme. Poètes vos papiers ! dirait Léo.

françois montagnon © Ta-Nõn.FM.Paris 2007-2008 All rights reserved

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59 Screen Terminal TV

Screen_terminal_TV

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60 Where 1 ?

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Le Sordido de 19h40

Février 2008
-Expédition à CDG , il est un peu tard jeune homme, mais bon, histoire de sentir l’ambiance. Peut-être quelques photos de détails simplement. Pas comme la dernière fois, je n’ai pas envie d’y être furtif mais de profiter du joli temps d’hiver et m’exiler pour ce voyage immobile.
Obligé de prendre l’ô RER, fange d’une société de ghetto uniforme. Espaces imbriqués les uns dans les autres, sortes de cubes translucides et fermés ou chacun se transporte telle une capsule. Monde retord et inexplicable, toujours si long pour s’arracher de là, quitter par la coulée grise la plus misérable qui soit, grouillante, pas envie de s’y arrêter. Visages butés, nerveux , formes indicibles, fantômes de vie, un groupe de jeunes filles gloussantes déferlent et se jettent sur les banquettes taguées, sortes de sexes écartelés, pantalons ultra-serrés sur les fesses hautes-bombées, étalons féminins tendus, dans une folie toute provisoire, rire forcé, trop fort, comme pour conjurer les lendemains qui déchantent, habitants éternels de ces lieux aux noms évocateurs de rien de bien ni de beau.
J’apprécie les aérogares informels que l’on traverse, on ne s ‘y englue pas, le temps s’arrête au provisoire. Pas de problême de boulot, de factures, d’avenir professionnel. Le monde est condensé au présent, l’avion à prendre éventuellement celui que l’on attend.
Tout à l’air possible de se tirer de là. Les clodos y pullulent, le caddie d’acier placardé Samsung à la main en partance pour nulle part, sac Vuitton à l’avant du fourbi, mini bouteille de whisky dans la cage à sac à main du chariot, jamais de modifications de planning sauf le quotidien minable de rien, ni de changement, impasse totale, vieille femme usée aux cheveux filasses grisonnante se fait très discrète, s’insère au beau milieu de pimpantes japonaises maquillées finement Shisheido, paupières bleutées, parfumées Channel, propres et lumineuses, cierges de chapelle à la chaux-vive -Ce qui me rappelait les beaux jours de la BPI du centre pompidou, la cour des miracles, même contraste, belles étudiantes avenantes, prêtent à discuter avec qui veut, des beaux quartiers, avenir prometteur, une chaise plus loin, traîne-misère du plus bas que bas, pouilleux mais accrochés au bord de la falaise par des doigts agrippés, bien installés sur son droit de vie ici avec ou sans livre- Pourtant la police examine des yeux, les faux des vrais voyageurs, ce qui oblige les vrais sdf à marcher toute la journée en quête de rien de spécial si ce n’est de terminer une de plus dans le boisseau de la subsistance.

Je trimbalais toujours cette question du temps retourné comme un boomerang au point de départ quoiqu’il arrive, d’où qu’il fût lancé alors pourquoi pas d’ici ? Inquiétant pour une majorité, selon moi simple comme de respirer, je vivais avec ce vide, monde transitoire, on ne peut plus, ici ou là, là ou ailleurs qui savait ou se trouve le fameux point d’ancrage ?
Seule une place au « Café Select » TB CDG2, une place toujours identique qui donne sur le Tarmac, rare en effet depuis les alertes, car tout l’aéroport se reduisait à une sorte de bunker, refermé sur l’intérieur, une tortue, reptile avec son bouclier de facettes en écailles osseuses sur le dos. Le beau café, sous le panneau d’affichage du terminal F-G disparu depuis la chute de la toiture il y a 3-4 ans, erreur de l’architecte ou du constructeur bouygues ?
Ici on parle Allemand aujourd’hui vers 18h08 probablement des cadres qui rentrent chez eux, l’ordinateur portable ouvert naturellement. Pour eux pas de répit toujours en mouvement, pressé de revoir la famille, le projet de business et l’argent qui allait avec.
En face le Hilton et les avions hideusement orange de la compagnie Charter Easy-jet, loin des illustres décors de la Qantas alignés comme de beaux animaux bien nés d’une autre planète miracle, désert de cailloux de mines et faces noires ou bleues des Aborigènes, plusieurs millénaire avant, tachisme pictural des origines sur les carlingues des 747. Pour moi ceci n’était plus le voyage mais sorte de train de marchandises avec lequel on part et revient blafard, les paquebots de Loti ou d’autres personnages de légendes étaient déjà si loins.
Il faut entrer dans une sorte de méditation et se rappeler les beaux morceaux de vie que l’on avait eu, la chance avant que tout ne sombre dans le grottesque. Encore quelques miettes de ces transportations de lumière, sans que personne n’ait rien à redire, à juger, mince espace de liberté que j’attrapais avec vigueur dès que possible. Il ne faut pas plus pour rêver à cet univers joyeux de peaux brunes, d’hotesses légères aux voix chantantes comme des oiseaux.
Le soleil se cache, les éclairages colorés de la piste s’allumaient, magique, les sons se modifient aussi imperceptiblement dans la nuit, couverture protectrice moelleuse, torches puissantes, phare de mer. Nous étions nulle part pour aller nulle part, le serveur mécanique distribuait les cafés et chocolats, pion intégré à cet sorte d’échiquier qu’était un hubs et encore il fallait aller à celui de Kuala pour se rendre compte des dimensions. Je ne connaissais pas le nouvel aéroport de BKK Suvarnabhum, pas mal de problêmes à la construction, énorme aux dimensions de l’imaginaire thaï incroyable. C’était l’oeuvre du dernier potentat, dispendieux à souhait, combien ? parti avec le magot colossal pour toute la famille Thaksin originaire de Chiang-Maï, lui aussi avait arrosé toutes les entreprises de là-bas. Enfin c’était terminé, état fluctuant sinusoïdal de quelque chose, toujours en transit d’ailleurs, royauté à l’ancienne, famille chinoise en fait impertubable et impénétrable.

Mini bus de piste et transport de valises, tout s’arrête vers 00h00 jusqu’au lendemain. Je ne serai en partance pour les fleurs du bien, les sourires de soleil, les zones humides de l’Asie, douches défaites et filet d’eau rouillé.
C’est beau un aéroport la nuit dirait-il, envie de se couler dans le béton vernis ou huilé d’ici, à une chaise et regarder les gens passer, allant et revenant, jamais ne s’enterrer dans une province oubliée d’un bout de l’europe ou du monde. Le ciel est beau ce soir, comme emplit de généreuses colombes, les petits nuages de traines aussi.
Groupe d’hotesses, possibilité de vie. 19h12.
Un avion et l’on part tout changer Paris, Tokyo, Bangkok ? recommencer à zéro, être de là-bas, extra-terrestre d’ailleurs. La nuit le tarmac derrière sa baie vitrée, les derniers passagers du vol du soir KE pour Séoul sur koréan Air 20h25 dans le T2F.
L’architecte avait eu la mauvaise idée de réduire les fenêtres à ces sortes de carrés de béton brut de 60cm de coté, ce qui limite la vue sur cette vie étrange des mouvements de piste des avions en partance ou d’arrivée, les néons des passerelles d’embarquement illuminées avec des passagers éparses comme suspendus dans le vide.

Je n’ai jamais aimé rentrer chez moi, bizarre tous ces gens qui viennent et repartent comme des balles de jokari au point initial, quoiqu’il arrive, vers le misérable cube de bois vaguement arrimé au sol par un clou tordu, injouable ce truc, qui dérape sans cesse, chaque fois que l’on veut en partir, élasticité énervante. Heureux de retrouver le pavillon, une histoire de vie écrite à l’avance. J’apprécie énormément le fait d’être seul dans ce genre de moments spéciaux écartés du quotidien ; effrayant d’ennui, jusqu’à se retrouver dans la tombe du néant. Que restera t-il de ces instants volés et d’espoir à la fois, l’espoir que tout change enfin, l’on puisse tout oublier devant derrière, choisir autre chose de neuf en dehors des clous de l’habitude, CVS bien polissés. De tout ce que je déteste, oculus total de l’esprit donnant sur quel numéro de piste, d’où l’on détermine gauche-droite tel un jeu vidéo, manipulant un petit bonhomme vivant et animé à l’aide d’une manette en plastique con, non plutôt tennis Pong la pure console 70, écran noir et blanc bien entendu, télé arrondie, un pixel énorme bien carré ; la balle ; le joueur un simple trait long et vertical sur fond noir, ce que j’étais enfin.
A peine prends-je une photo qu’une gravure de drague sapé à l’esbrouffe de la tête aux pieds, jouant des épaules, de la frippe de luxe quoi, que je ne visais pas spécialement -puisque je cadrais le panneau Departures des Leds de magnificence de clignotants orange, nirvana ou arbre de noël du voyageur prêt à embarquer physiquement ou par l’esprit- « tu veux ma photo ? » dira t-il avec notez le une certaine courtoisie... Décidément seule l’Asie que j’aime devenait vivable synonyme de douceur d’exigence, d’élégance par le verbe, et le geste indolore calme. Ici je ne me sents plus trop relié par ma sensibilité a cette partie du monde dans son ensemble, ce genre de rapports de force humains exercés et permanents, qu’il fallait subir contraints forcés ou infliger aux autres pour être sinon respecté, admis.
Retour enfin par le sordido de 19h40 pour Paris, beaucoup de SDF qui sévissent ici. Puis les arrêts Vénus, Mars, Jupiter qu’on dirait bigarré dans le bobo illustré. Heureusement le dernier vol de la koréan avait déposé un joli visage triangulaire avec des yeux plissés extraordinaires en accent circonflexe qui vous faisait oublier que je survivais chaque jour ici.


françois montagnon © Ta-Nõn.FM.Paris 2007-2008 All rights reserved

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65 Roissy CDG Tube

Tube

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66 De vagues en vagues au lointain

De_vagues_en_vagues

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67 Mooth

roissy_CDG_mooth

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70 Flight N°2

Passager_a__l_embarquement

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71 Alone standby

Alone_standby

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72 Go to heaven

Go_to_heaven

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73 Fizzzzz

Fizzzzz

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74 SOS Spider

sos_spider

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76 One american coffee select please !

One_american_coffee_select_please

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75 Select

coffee_select

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77 Air Space

Air_space

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78 Lost in Translation

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79 Road under Road

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80 Vraaaoum

Vraouuum

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81 Le grand virage II

Le_grand_virage_II

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